• Axelle Warnery-Hertzeisen

Nous sommes des Roger Federer !

Un travailleur est un sportif d’élite dans son domaine professionnel !


En effet du point de vue de la gestion du stress, un travailleur doit faire attention aux mêmes phases : la préparation, le pic de stress (la compétition), la récupération.

Comment cela me direz-vous ?

Phase de préparation

Un employé a des objectifs à réaliser, certes ce n’est pas de se retrouver sur le court central de Roland Garros avec des milliers de spectateurs, toutefois son travail va être regardé, analysé, apprécié et évalué. Le travailleur va se préparer pour pouvoir rendre un travail qui réponde aux critères et attentes de l’entreprise : c’est la phase de préparation. Elle correspond à la période de temps allant de la planification de l’objectif à la restitution de celui-ci. Plus la date d’échéance de l’objectif approche de la restitution, plus le niveau de stress va augmenter jusqu’à atteindre un pic à la présentation de l’objectif terminé. A l’image du sportif d’élite qui intensifie les phases d’entrainement pour être prêt le jour J de la compétition.

Phase de pic de stress

Lors de cette restitution ou compétition, le stress est à son comble : c’est la phase de pic de stress. Pour répondre à cet état de stress, le corps sécrète deux hormones : l’adrénaline et le cortisol. L’adrénaline engendre une accélération du rythme cardiaque, une hausse de la pression artérielle, la dilatation des bronches et des pupilles. Cela permet de couvrir les besoins supplémentaires d’énergie qu’a le corps pour réaliser un effort : physique pour le sportif d’élite et de productivité pour le travailleur.

Le cortisol sert à mobiliser l’énergie nécessaire à la réalisation de cet effort. Il est là pour nourrir les muscles, le cerveau et le corps pendant cette phase intense. Il agit en augmentant la glycémie (le taux de sucre dans le sang = le carburant supplémentaire nécessaire à l’effort), en inhibant certaines réponses du système immunitaire et en agissant sur la régulation du métabolisme des lipides, protéines et glucides.

Phase de récupération

Après cette phase, l’intensité diminue et le corps peut revenir peu à peu à son fonctionnement normal. Il passe d’un mode survie à un mode normal. C’est la phase de récupération, nécessaire à la bonne régénération du corps.

Ce mécanisme en trois phases est appelé le stress normal.

Qu’est-ce que le stress chronique ?

Lorsque la phase de récupération n’est pas respectée et que les phases de pic de stress s’enchainent les unes derrière les autres, le corps continue à tourner à plein régime : c’est le stress chronique. Ce dernier, additionné à des problèmes de sommeil, conduit à l’épuisement du corps synonyme de blessure pour le sportif et de burn-out pour le travailleur.

Un peu à l’image d’une voiture roulant à vive allure sans freins. Elle avancerait, peut-être, encore un petit bout mais se retrouverait immanquablement dans le fossé.

En tant que sportif d’élite dans votre domaine d’activité, que faites-vous pour ne pas perdre votre pédale de freins, c’est-à-dire pour conserver votre phase de récupération ?

De la marche, du vélo, de la musique, de la peinture, de la photo, de la cuisine, du théâtre, des mandalas, de l’écriture ?

Partagez votre recette !


Axelle Warnery-Hertzeisen, psychologue du travail FSP, Yverdon-les-Bains

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